Histoire du Groupe d’études féministes de l’université Paris 7 : GEF (1975-1991)

Voici venir le temps de transmettre.

Après un demi-siècle d’engagement féministe, et presque autant d’énergie dédiée aux études féministes, j’ai accumulé une somme impressionnante d’archives. Autour de mon itinéraire personnel certes, mais celui-ci est indivisible d’une histoire collective. C’est elle qu’il s’agit de restituer, notamment celle du développement et de l’institutionnalisation des études féministes en France.

J’ai donné, en vrac, mes archives de Mai 68 à la BDIC de Nanterre (devenue La Contemporaine : Mémoires de 68). J’ai transmis mes archives de l’ANEF à la bibliothèque universitaire d’Angers (Centre des Archives du féminisme), avec celles qui précèdent et expliquent la fondation de l’ANEF : organisation du Colloque de Toulouse et création des associations régionales[1]. Celles-ci sont ainsi accessibles aux chercheuses/chercheurs, aux historiennes/historiens. En complément, j’aimerais, avec celles qui le souhaitent, sélectionner les documents les plus significatifs pour les rendre accessibles à un public plus large et les expliciter sur le site de l’ANEF.

Avant de transmettre mes archives à la Bibliothèque Marguerite Durand et au Centre des Archives du féminisme d’Angers, je veux classer, organiser et contextualiser les documents principaux. Que ce soit sur mon site personnel (www.francoisepicq.fr) dans une rubrique «Archives» rassemblant des textes collectifs ; ou dans d’autres contextes selon les occasions. Le projet FemEnRev de numérisation et de présentation des revues sera une occasion bienvenue d’échanges et de travail collectif autour des revues : Parole ! et La Revue d’en face.

Je commence ce travail de transmission avec l’évocation de cette période que Liliane Kandel qualifie d’« accumulation primitive en milieu féministe »[2]. Pour éclairer ces archives, je me réfère aussi aux témoignages d’autres actrices de cette histoire, qui ont eu l’occasion de mettre de l’ordre dans leurs souvenirs.

Le Groupe d’Études féministes de l’Université Paris 7 (GEF) a été l’un des groupes pionniers des Études féministes en France, à partir de janvier 1975. J’en ai fait partie à un moment précis de mon itinéraire, celui d’une transition entre un engagement militant et une démarche qu’on peut qualifier de recherche féministe. C’est sous l’égide du GEF que j’ai mené, de façon collective, une grande partie de mes recherches[3] et des initiatives de développement des études féministes pendant une quinzaine d’années.

Par la suite, j’ai continué d’agir collectivement dans les associations d’études féministes issues du Colloque fondateur de Toulouse en 1982 : l’APEF d’abord (Association pour la promotion des Études féministes, Région Paris-Île de France : 1983-1989), puis l’ANEF (Association nationale des études féministes, depuis 1989).

Au début des années 1980, le GEF, ressentant la nécessité de se structurer, de s’inscrire dans une histoire en train de se faire, a rassemblé les textes produits jusqu’alors dans un document « Mémoire du GEF ». Composé avant le développement de l’informatique, ce cahier d’une trentaine de pages est un ensemble de photocopies, devenues pour la plupart illisibles.

 (Annexe 1 : introduction à Mémoire du GEF)

Le GEF a été un lieu de rencontres entre des défricheuses du domaine et le point de départ de diverses initiatives. C’est là que Liliane Kandel a recruté, à la demande de Simone de Beauvoir celles qui allaient participer au projet d’émissions de télé « Sartre témoin de son siècle »[4], projet avorté mais non improductif puisqu’il a débouché sur plusieurs revues, dont Parole !

« Mémoire du GEF » (M.GEF) rassemble les principaux documents diffusés dans le cadre du GEF pendant sa première étape : séminaires et colloques, création de la revue Pénélope, organisation du Colloque de Toulouse.

L’étape suivante, permise par le succès de celui-ci, est celle de l’ATP (Action thématique programmée) du CNRS. Au nom du GEF nous avons déposé un projet de recherche sur « Le Mouvement de Libération des femmes et ses effets sociaux » et organisé en 1989 un colloque « Crise de la société, féminisme et changement ». La compilation de documents qui suit s’achève avec la publication des Actes de ce colloque en 1991.

 L’histoire du GEF se termine alors, mais non celle des Études féministes à Paris 7. Cette université ayant bénéficié d’un poste de maître de conférences en sociologie, fléché « études féministes », un nouveau groupe a été mis en place en 1985 autour de Claude Zaidman, beaucoup plus institutionnel, le CEDREF. Celui-ci organisera le 14 novembre 1997 un colloque[5]: « Vingt-cinq ans d’études féministes : l’expérience Jussieu », occasion pour les actrices d’écrire l’histoire collective par leurs témoignages. Les Actes de ce colloque ont été publiés sous le même titre en juin 2001[6]..

(Annexe 2 :  programme du colloque : Vingt-cinq ans d’études féministes : l’expérience Jussieu) ;

Je mets donc en regard documents d’archives et témoignages d’actrices, afin qu’ils se valident mutuellement et éclairent l’émergence des études féministes à partir du mouvement féministe.

1975-1984 Réunions : séminaires et colloques

« Alors en janvier 1975 se forma à Paris 7, sur l’initiative de Françoise Basch et de Michelle Perrot, le premier groupe en France d’études féministes. Malgré l’enthousiasme de cette nouvelle aventure, l’atmosphère des premières séances était lourde de tensions. Car les militantes qui avaient rejoint le GEF en désaccord avec discours et style universitaires traditionnels étaient bien décidées à fonctionner selon les normes en vigueur au Mouvement, non-mixité, refus de la hiérarchie, critique de l’objectivité et du savoir constitué ».

C’est ainsi que Françoise Basch évoque la création du G.E.F., dans son introduction au Colloque « Crise de la société, féminisme et changement », le 22 avril 1988, et à l’ouvrage tiré de celui-ci.

La première réunion de ce qui deviendra le Groupe d’études féministes a eu lieu le 13 janvier 1975, dans les locaux de l’Université Paris 7. Celui-ci se déclare « largement ouvert à tous ceux et celles qui le souhaitent, pour réunir des informations sur les recherches et enseignements sur les femmes dans les universités françaises, promouvoir la réflexion et la discussion sur la condition féminine ». Bien loin, en effet, des normes et formulations du MLF. Mais il est vite rejoint par un certain nombre de militantes féministes, en quête d’approfondissement et de réflexion sur leurs pratiques. Et les premières séances sont animées de débats sur les objectifs et le fonctionnement du groupe, sur ses relations avec les luttes féministes : discussion sur mixité/non-mixité, contestation des savoirs institués, critique féministe de l’histoire, de la sociologie. (Annexe 3 : M.GEF, doc 1)

J’ai témoigné dans Vingt-cinq ans d’études féministes : l’expérience Jussieu de mon parcours « Du mouvement des femmes aux études féministes ». Le « groupe du jeudi » où l’on réfléchissait à notre rapport aux institutions, n’avait pas résisté à une polémique sur l’Université. C’est alors que Lydia El Haddad, qui en faisait partie et qui suivait le séminaire de Michelle Perrot, nous a proposé de rejoindre ce groupe qui démarrait à de l’Université Paris 7. « Pour les militantes que nous étions, il s’agissait de porter la contestation féministe au cœur de l’Université, de prolonger la critique politique de la place faite aux femmes dans la société par la critique d’un savoir constitué sur l’exclusion des femmes »[7].

À l’heure du bilan, vingt-cinq ans plus tard, je constatais un tout autre résultat : « Nous avions investi le GEF pour en faire un cheval de Troie du MLF à l’université, mais il a été tout autant un lieu de transition et d’apprivoisement ».

Ayant suivi un itinéraire inverse à celui de Françoise Basch, je rejoins bien son analyse, et je la cite à nouveau : « À l’actif du GEF, donc, la première tentative en France de liaison et d’enrichissement réciproque entre Mouvement des femmes et université, entre militantisme et recherche. La dynamique et le travail réalisé pendant cette période de gestation contribuèrent largement aux initiatives ultérieures : expédition à Aix-en Provence pour porter la bonne parole à un colloque sur « Femmes et Sciences sociales » en juin 1975 ; colloque du CLEF à Lyon en 1979 ; à ces temps héroïques appartiennent aussi les deux rencontres internationales au Moulin d’Andé en 1979 et 1980, la création de la revue Pénélope avec le Centre de recherches historiques ; puis la participation aux Assises de la Recherche (1981), l’organisation avec d’autres groupes du Colloque de Toulouse (1982). Dans la foulée, les études féministes s’implantaient plus solidement dans l’université et au CNRS (Action thématique programmée)[8]

 Françoise Basch attribue au GEF la primeur des études féministes en France. Mais d’autres expériences avaient lieu de façon parallèle : le CEFUP (Centre d’études féminines de l’Université de Provence), créé officiellement en 1976, fonctionnait depuis 1972, autour d’Yvonne Knibielher, de Christiane Souriau et de Sylvia Ostrowetsky [9]. Il a organisé le premier colloque en juin 1975.

À Lyon, le CLEF (Centre Lyonnais d’Études féministes), créé en 1976 autour d’Huguette Bouchardeau, d’Annik Houel et de Brigitte Lhomond, mettait en place une bibliothèque, un Centre de documentation, tenait des séminaires interdisciplinaires. Il a organisé son premier colloque, « Les femmes et la question du travail », en 1980.

Un Institut de recherche et d’études féminines existait depuis 1974 à Paris 8 autour d’Hélène Cixous.

Colloques et rencontres permettent de tisser des liens et de constituer un réseau d’échange et d’actions communes en France. Des membres du GEF ont participé à la rencontre d’Aix-en-Provence (à la Baume Ste Marie), les 7 et 8 juin 1975 : « La femme et les sciences humaines », à celle de Lyon en 1980 « Les femmes et la question du travail [10]» ; au Colloque « La femme et la classe ouvrière » à l’université Paris 8 Vincennes, le 17 décembre 1978.

C’est aussi un réseau international qui se constitue, avec le Colloque « Women and Power », en décembre 1977 à l’Université du Maryland, qui nous a permis d’entrevoir l’importance des Women’s Studies aux États-Unis. Et surtout avec les rencontres internationales « The New Family and the New Woman, 1914-1945. Culture, Policy and Creativity ». Françoise Basch, qui en fut la cheville ouvrière pour la France, en rend compte dans Vingt-cinq ans d’études féministes : l’expérience Jussieu[11]. Ces premières rencontres eurent lieu en juin 1979 et en juin 1980 au Moulin d’Andé, en Normandie puis, en avril 1982, dans l’État de Washington, à Shaker Mill Farm. Deux ouvrages en sont tirés[12].

Le GEF, officiellement reconnu comme groupe de recherche de l’université Paris 7 en 1977, présente alors son Rapport de recherche selon les normes universitaires dans le livret de Paris 7 : sous la responsabilité de Françoise Basch et Michelle Perrot, l’équipe se compose de sept personnes rattachées à Paris 7 (Marie-Françoise Cachin, Lydia El Haddad, Liliane Kandel, J.M. Maughin, Marcelle Marini, Nicole Rougier, A.Paquette), de sept autres hors Paris 7 (Christine Fauré, Dominique Fougeyrollas, Geneviève Fraisse, Françoise Picq, Nadja Ringart, Leila Sebbar-Pignon, Arlette Farge) et d’une quinzaine de doctorantes (dont Marie-Jo Bonnet, Françoise Ducrocq, Claude Meignien, Marie-Hélène Zylberberg-Hocquart, Françoise Thébaud, etc.).

(Annexe 4 : Rapport du GEF : livret P7 1977, M.GEF doc 12).

Au GEF, universitaires et militantes s’accordent désormais sur une définition : « Le terme d’‘études féministes ne recouvre au GEF ni une étude statique de la condition des femmes, ni une idéologie normative : il s’agit par une pluralité d’approches, de mettre en question de façon dynamique le statut minoritaire des femmes et la société qui le crée » (Annexe 5 : Programme GEF, 1981, M.GEF, doc 17).

Le programme du GEF et les séminaires qu’il a organisés, cinq ou six fois par an au début des années 1980, sont de précieux indicateurs des thèmes choisis et des personnalités invitées.

(Annexe 6 : convocations M.GEF, doc 22)

(Annexe 7 des nouvelles du GEF, 1982, M.GEF doc 23)

(Annexes 8 : programmes GEF 1983-1984)

1978-1985 Pénélope

Publication périodique, Pénélope a été éditée par un collectif commun au GEF et au Groupe de recherche historique de l’EHESS. Un numéro zéro avait été réalisé avec le CEFUP, le CLEF et le Groupe de Recherche pour l’histoire et l’anthropologie des femmes. (BIEF : Bulletin d’information des études féminines).

(Annexe 9 : Création de Pénélope, M.GEF, doc 13)

Michelle Perrot a relaté dans 25 ans d’études féministes : l’expérience Jussieu[13] les circonstances qui ont donné naissance aux Cahiers Pénélope : l’échec d’un projet éditorial ambitieux (une revue franco-américaine), une équipe constituée à cette occasion (Groupe de recherche pour l’histoire et l’anthropologie des femmes, arrimé au Centre de recherches historiques de la Maison des Sciences de l’Homme et Groupe d’Études féministes de Paris 7), le choix de publier des Cahiers semestriels, chacun autour d’un thème, faisant le point sur des recherches achevées ou en cours. D’abord financée par Paris 7, Pénélope le fut ensuite par le biais d’une association de type 1901.

Cécile Dauphin complète ce témoignage, dans le même ouvrage : « Pénélope : une expérience militante dans le monde académique » : « De l’expérience militante, Pénélope comporte les caractères : précarité des conditions de production, mobilité des rédactrices, métissage des genres, intervention des praticiennes, débat sur la mixité. Du monde académique, elle fut superbement ignorée, tout en gagnant une reconnaissance posthume ».

 Entre 1979 et 1985, à raison de deux par an, treize numéros de Pénélope ont été diffusés, chacun sur un thème particulier, sous la responsabilité d’une (ou deux) personnes : la presse, l’éducation des filles, la création, femmes et sciences, la femme soignante, les femmes et la violence, les femmes et la terre, femmes et folie, femmes et machines, femmes au bureau, vieillesse des femmes[14]. Il y a eu jusqu’à deux cents abonné(e)s.

L’originalité de Pénélope, outre l’interdisciplinarité qui caractérise l’ensemble des études féministes, c’est de présenter de façon rapide mais problématisée des recherches en cours, tandis que les travaux connus sont renvoyés en bibliographie. Les travaux de recherche y sont associés à des témoignages, des réflexions critiques.

(Annexe 10  : Pénélope 1982).

L’expérience a pris fin pour des raisons financières, mais aussi d’essoufflement d’une équipe dont le travail n’était pas reconnu institutionnellement. La dissolution de l’association a été actée par un bureau le 29 juin 1990 et l’actif transmis au CEDREF et au GEF., ainsi qu’à un groupe de chercheuses algériennes[15].

1981-1984  Le Colloque de Toulouse et les débuts de l’institutionnalisation

L’élection de François Mitterrand à la présidence de la République en mai 1981 a été au départ d’une avancée spectaculaire pour les études féministes. Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Recherche et de l’Industrie, annonçait une vaste concertation devant aboutir du 13 au 16 janvier 1982 à un Colloque national : 31 Assises régionales réunissant plus de 22 000 personnes, chercheurs, syndicalistes, élus, représentants de la société civile. L’objectif étant de « définir une nouvelle politique scientifique et technologique pour sortir de la crise », en prenant en compte « la demande sociale » et les « changements de mentalité ».

Les études et recherches féministes ou sur les femmes n’étaient pas prévues dans cette vaste consultation. Mais les différents groupes se sont invités dans diverses Assises régionales : le CEFUP à Aix-Marseille, le CLEF à Lyon, avec des résultats divers. Le GEF est intervenu dans les Assises régionales d’Ile de France, en même temps que d’autres groupes parisiens (GIF, séminaire Limites- frontières, Nouvelles questions féministes).

Contrairement à ce que certaines craignaient, les féministes ont réussi à se faire entendre dans les Commissions « Sciences de l’homme et de la société » et « Hommes et structures ». Elles ont pu intervenir le lendemain et faire reprendre certaines de leurs propositions lors de la séance plénière du 21 novembre [16]. Le GEF avait proposé l’organisation dans le cadre du Colloque national d’une demi-journée sur le thème « études féministes, transformation de la société » proposition à laquelle les autres groupes se sont ralliés[17].

(Annexe 11  « Contribution aux Assises de la Recherche, M.GEF doc 19)

C’est finalement un « Atelier National d’Études et Recherches féministes et sur les femmes » d’une journée qui s’est tenu le 12 janvier 1982, dans un amphi mis à disposition dans les locaux du ministère de la Recherche. Plus de 200 participantes sont venues de Paris, mais aussi de Lyon, Grenoble, Nantes, Tours, Aix, Marseille, Toulouse, Lille, etc.

(Annexe 12  Convocation à l’Atelier national du 12 janvier 1982, M.GEF, doc 20)

 Fortes du succès de cette rencontre, les organisatrices ont demandé un rendez-vous au ministère de la Recherche. Nous avons été reçues le 14 février par Philippe Barret, conseiller auprès du Ministre pour les sciences humaines et sociales, Michèle Coquillat, responsable de la recherche au Ministère des Droits de la Femme[18], ainsi que Maurice Godelier, alors chargé de mission au Ministère pour le secteur SHS. Nous ne voulions pas formuler de demandes en termes de moyens, de postes ou de structures, mais organiser à notre tour une véritable consultation d’un milieu en formation. Le soutien (institutionnel et financier) du Ministère de la Recherche et du Ministère des Droits de la femme nous fut volontiers accordé.

La mise en œuvre du projet impliquait de créer une association loi de 1901, de se donner des statuts, des structures acceptables par toutes, représentatives des diverses composantes, notamment régionales, de choisir des représentantes, les amener à travailler ensemble, à dépasser les divergences épistémologiques, politiques et personnelles. Ce qui, il faut bien le dire, constituait un bouleversement de nos pratiques habituelles.

Une association nationale ad hoc a été créée : l’AFFER (Association Femmes, Féminisme et Recherche), avec un Conseil d’Administration de 28 personnes (14 titulaires et 14 suppléantes), dans un savant dosage entre régions, entre disciplines, entre positions institutionnelles. Celui-ci s’est réuni cinq fois, à Paris ou en région.

L’objectif du Colloque était d’établir un premier bilan de l’état du domaine (personnes, situations, thèmes de recherche et d’enseignements, cadres et moyens), d’évaluer les besoins et de formuler des propositions concernant les orientations théoriques et les conditions matérielles de mise en œuvre.

Des journées préparatoires ont eu lieu dans six grandes régions, avant le Colloque national[19] de trois jours à Toulouse fin 1982.

Le choix du lieu s’était porté sur Toulouse, dans une volonté de rupture avec la centralisation parisienne  mais aussi parce qu’il y était plus facile de s’appuyer sur une base institutionnelle : le GRIEF (Groupe de Recherche Interdisciplinaire d’études de femmes) de l’université de Toulouse a assuré le Secrétariat national et l’organisation matérielle du colloque.

Les différents groupes qui étaient intervenus dans les Assises régionales d’Île de France se sont réunis en un Collectif parisien, qui a organisé ses Assises régionales, les 16 et 17avril 1982, puis a rédigé un « Pré-rapport sur les recherches féministes », de près de 200 pages, (Annexe 13 :  « Avant-propos au Pré-rapport sur les recherches féministes », M.GEF, doc 26)

Le GEF a par ailleurs répondu au questionnaire de Maurice Godelier, chargé des propositions de réforme sur les structures de la recherche en Sciences de l’Homme et de la Société.

 (Annexe 14 : Réponse à M.Godelier, M.GEF, doc 24).

C’est Liliane Kandel qui, lors du Colloque « Vingt-cinq ans d’études féministes ; l’expérience Jussieu », a rendu compte de cet événement fondateur: « Un tournant institutionnel : le Colloque de Toulouse ». Elle rappelle sa genèse, la constitution des premiers groupes de réflexion et de recherche : « le projet politique du mouvement féministe fut dès le départ inséparable de sa visée épistémologique, de son activité de critique, de ‘déconstruction’ et d’élaboration scientifique [20]».

Le Colloque « Femmes, féminisme et recherche » a réuni, trois jours durant environ 900 femmes (et quelques hommes). Il est impossible de résumer ce qui s’y est dit dans les assemblées plénières et les commissions thématiques. Mais les plus de 1 000 pages d’Actes[21], 137 communications et synthèses, propositions de structures souhaitables pour l’organisation des recherches féministes et sur les femmes en France, publiés en 1984 en donnent une idée[22].

Le résultat de ce Colloque est une reconnaissance et une visibilité nouvelles pour ce champ d’études, de réflexions et de recherches. C’est véritablement le début de l’institutionnalisation des études féministes en France. Avec notamment le lancement par le CNRS d’une ATP (Action thématique programmée) et la création à l’université de plusieurs postes de maître de conférences fléchés « études féministes »[23].

Les organisatrices du Colloque ont été amenées à présenter aux différents ministères concernés un rapport sur l’état des études féministes, les demandes et les propositions. (Annexe 15 : A.F.F.E.R, « Enseignement-Recherche-Formation : Les études féministes, le 2 avril 1983)

L’autre acquis du Colloque de Toulouse est la création d’associations dans le but de structurer le milieu de la recherche féministe et d’agir collectivement pour son développement. Régionales dans un premier temps, ces associations se réuniront par la suite en Association nationale des Études féministes (ANEF).

(Annexe 16 : « Une association pour la promotion des études féministes », La Revue d’en face n°14)

1984-1991  L’ATP du CNRS : « Recherches féministes, recherches sur les femmes »

Maurice Godelier l’avait annoncé, dès l’ouverture du Colloque : le département des Sciences humaines et sociales du CNRS lancerait une Action Thématique Programmée « Recherches féministes, recherches sur les femmes ». Il insistait sur la triple signification de cette décision : « reconnaissance de l’importance scientifique du domaine, affirmation de la légitimité d’un point de vue militant, d’un point de vue féministe, d’un point de vue qui ne se contente pas d’accumuler des analyses de la réalité […] mais qui affirme vouloir ne pas accepter cette réalité telle qu’elle est, vouloir la transformer en éliminant les éléments de domination et d’oppression sociale qu’elle contient ». Enfin, outre cette double légitimité scientifique et sociale, une aide matérielle soutenue pendant plusieurs années à des projets sélectionnés avec rigueur sur des thèmes prioritaires[24].

Dans 25 ans… Jussieu, c’est Hélène Rouch[25], qui rend compte de cette ATP. Elle en souligne l’avancée, inimaginable aujourd’hui. Jusqu’alors, la plupart des chercheuses menaient leurs travaux en les déguisant plus ou moins pour être tolérées par l’institution ou carrément en dehors de l’institution. D’ailleurs le féminisme « se voulait beaucoup plus une formidable force critique qu’une belle théorie achevée ». L’ATP a été une expérience d’articulation entre action militante, réflexion politique et travail théorique. Le conseil scientifique, auquel participaient certaines des organisatrices du Colloque de Toulouse, a choisi de limiter les appels d’offre à quelques thèmes qui n’avaient pas encore fait l’objet de recherches féministes.

Axe A : « Analyse critique de la conceptualisation des sexes »,

Axe B : « Femmes, État, droit et société »,

Axe C : « Mouvement des femmes, pratique des femmes ».

130 projets ont été présentés, dont près de la moitié par des femmes qui avaient publié dans les Actes du Colloque de Toulouse ; 68 ont été sélectionnés et financés sur quatre ans (1983-1987). La pluridisciplinarité et le travail collectif ont été privilégiés[26].

Ce fut une ATP très productive, de l’avis même des autorités responsables du CNRS. Des résumés ont été publiés dans deux annuaires

(Annexe 17  : «  Introduction », Action Thématique Programmée N°6 Recherches sur les femmes et recherches féministes, Présentation des travaux, 1984-1987, CNRS 1989).

 Plusieurs colloques ont été organisés autour des travaux de l’ATP.

Le premier concerne l’axe C : « Mouvement de femmes, pratiques de femmes ». Il y a eu d’abord, à l’invitation du CLEF (Centre lyonnais d’études féministes) un week-end de rencontre dans la région lyonnaise, entre les équipes engagées dans des recherches sur l’histoire du mouvement des femmes. Il y a eu ensuite le Colloque du GEF, « Crise de la société, féminisme et changement », à la Sorbonne en avril 1988.

Le second concerne l’Axe A : « Rapport entre sexe biologique et sexe social (genre) – Sexe et Genre ». Ce colloque a marqué une étape importante dans l’analyse du rapport entre sexe biologique et sexe social et la conceptualisation du « genre ».

« L’ATP a joué son rôle d’incitateur, conclut le Conseil scientifique de l’ATP, mais ne nous leurrons pas, sans un ancrage institutionnel stable, les recherches féministes et sur les femmes ne peuvent ni croître ni peut-être même subsister. L’ATP doit être relayée par un Groupement de recherches interdisciplinaires qui dispose d’ores et déjà d’un large potentiel de programmes et de chercheurs[27] ».

L’ATP a, en effet, été un formidable tremplin, donnant légitimité et visibilité aux recherches féministes. Mais le relais attendu par le Conseil Scientifique pour pérenniser ces recherches n’a pas été au rendez-vous.

1984-1986  Une recherche féministe, « Le Mouvement de libération des femmes et ses effets sociaux »

Nous avons proposé, au nom du G.E.F., une recherche sur « Le Mouvement de libération des femmes et ses effets sociaux » (Françoise Picq, Françoise Ducrocq, Liliane Kandel). Celle-ci est l’exemple-type de ce que l’ATP a permis. Pour la première fois, nous avons obtenu un financement pour mener une recherche féministe. Ce qui nous a permis d’associer des collaboratrices.

Nous voulions confronter les discours des féministes avec les changements sociaux, appréhendés à travers la littérature sociologique et démographique concernant la question des femmes et les rapports entre les sexes.

Pour le volet documentaire, Marie-Jo Dhavernas, philosophe, a été chargée de dépouiller toute la presse féministe sur les thèmes que nous souhaitions étudier (maternité, sexualité, politique).

Pour le volet « Enquête sur les actrices du MLF » », nous avons bénéficié des compétences de Nadja Ringart, sociologue. Il s’agissait de cerner les caractéristiques familiales, sociales, culturelles des femmes qui ont été au début de ce mouvement, ainsi que les répercussions de celui-ci sur leurs trajectoires personnelles. Une quinzaine d’entretiens non directifs nous ont permis d’élaborer un questionnaire (130 questions), diffusé auprès des premières (ou principales) participantes du MLF à Paris (120 réponses[28])

(Annexe 18 : « Le Mouvement de Libération des Femmes et ses effets sociaux » Résumé du Rapport de recherche, in ATP n°6 Présentation des Travaux, p. 120-123).

Le travail collectif a été intense, passionnant, irremplaçable, mais le rapport, rendu en novembre 1987 a été réalisé par Françoise Picq et a bénéficié de la collaboration de Liliane Kandel, Françoise Ducrocq et Nadja Ringart ; signe de la difficulté de mener au bout un travail d’écriture collectif.

1988-1991  Colloque « Crises de la société, féminisme et changement » et publication des Actes

Le Colloque « Crises de la société, féminisme et changement » et l’ouvrage qui en est tiré sont la dernière réalisation du Groupe d’études féministes,

Il s’agissait de valoriser notre recherche sur « Le mouvement de libération des femmes et ses effets sociaux » et d’organiser les échanges entre les différents groupes ayant étudié les mouvements féministes dans le cadre de l’Axe 3 de l’ATP.

Françoise Basch et Françoise Barret-Ducrocq ont été d’une grande efficacité pour obtenir l’appui des responsables universitaires de la Sorbonne et de l’Institut d’Anglais Charles V, qui ont mis à notre disposition le prestigieux amphi Louis Liard de la Sorbonne, lequel, comme l’indiqua Michelle Perrot, avait été préservé de l’occupation en Mai 68. Nous y avons présenté notre recherche à travers trois communications.

Nadja Ringart, « Quand ce n’était qu’un début… Itinéraires de femmes à Paris », Liliane Kandel, « Une minorité agissante : actrices et modèles », Françoise Picq, « Conclusion, si c’était à refaire[29] ». Nos amies lyonnaises du CLEF ont présenté deux interventions (Patricia Mercader et Helga Sobota). Et aussi Michelle Bordeaux, Marie-Joseph Dhavernas, Christine Delphy, Judith Ezekiel, Michèle Ferrand, Nicole Gabriel, Claudie Lesselier, Marcelle Marini et Béatrice Slama, Mariette Sineau, Irène Théry, tant d’autres. Une Table ronde, présidée par Michelle Perrot, permettait d’associer toutes celles qui auraient pu se sentir exclues, tout en faisant le point sur l’actualité des débats théoriques.

(Annexe 19 : Invitation au Colloque du GEF 22-23 avril 1988)

(Annexe 20 : Couverture et sommaire de Crise de la société, féminisme et changement).

La publication des Actes du Colloque, au nom du Groupe d’études féministes de l’université Paris 7 (GEF), sous la responsabilité de Françoise Basch, Marie-Jo Dhavernas, Liliane Kandel et Françoise Picq, a bénéficié des derniers soutiens nécessaires. Pénélope a prêté une somme, finalement convertie en don, La Revue d’en Face l’a coédité aux Éditions Tierce. Et Françoise Pasquier, éditrice de tant d’écrits féministes, lui a donné sa forme, avant d’intégrer sa maison d’édition aux Éditions Payot.

Cette publication est l’aboutissement du Groupe d’Études féministes de Paris 7, et de ce processus par lequel le mouvement des femmes a donné naissance aux recherches féministes.

 Le féminisme a renouvelé la démarche de recherche « par sa critique radicale, par la dénonciation du savoir universitaire, masculin sous couvert d’universalisme, de l’exclusion des femmes ; par sa volonté de faire émerger la parole des femmes, de reconnaître le vécu de chacune comme source de connaissances[30] ».

Cette étape est aussi celle de la professionnalisation des chercheuses. L’institutionnalisation des études féministes, résultat d’une lutte collective, débouche souvent sur l’individualité de l’écriture et de la responsabilité intellectuelle. J’ai continué à bénéficier de la relecture et de la vigilance critique de mes amies et collaboratrices, mais c’est sous ma seule signature que j’ai publié en 1993, Libération des femmes : les années mouvement[31] » et la plupart de mes travaux ultérieurs.

Était-ce inéluctable ? Pour Rose-Marie Lagrave, « le prix à payer pour la reconnaissance institutionnelle est la conformité des pratiques aux normes universitaires, inséparables d’un retour à l’individualisme[32] ».

J’ai pourtant conservé le goût du travail collectif et saisi diverses occasions de partager la responsabilité de publications. Après la fin de La Revue d’en face, j’ai notamment participé à plusieurs dossiers de la revue ProChoix[33]. J’ai publié, avec Cathy Bernheim, Liliane Kandel et Nadja Ringart, une anthologiede textes du MLF[34]. J’ai dirigé, avec Martine Storti, la publication des Actes du Congrès international féministe, Le féminisme à l’épreuve des mutations géopolitiques [35]. Et c’est principalement au sein de l’ANEF que je continue à apprécier le travail collaboratif.

Lors des premières réunions du GEF, nous avons été accusées de « faire de la promotion individuelle » et le « groupe Jussieu » a été jugé coupable de « vendre la lutte des femmes à l’université ».

 Au fur et à mesure que la reconnaissance universitaire progresse, s’intensifie l’exigence individualiste de la carrière, si ce n’est la compétition. C’est en ayant conscience que nous n’y échapperions pas que nous avons fondé des associations de chercheuses. Celles-ci n’ont sans doute pas réussi à préserver les études féministes des défauts du monde universitaire. Mais c’est une autre histoire, qui reste à faire.

J’ai reconstitué cette histoire du GEF Paris 7, à partir des archives que j’ai conservées, en les éclairant aussi par d’autres témoignages que les miens. J’en suis actrice et chercheuse, engagée dans un combat collectif, en même temps que suivant mon propre chemin. C’est une vision très personnelle que je propose[36], qui bien sûr ne fait pas histoire à elle seule ; mais je suis convaincue qu’elle concoure à montrer la façon dont les études féministes se sont constituées. Le fait est que notre génération de pionnières des études féministes a bénéficié d’une formation intellectuelle particulièrement performante, conduisant à la construction collective d’un domaine et de méthodologies entre exigences politiques et scientifiques.

                                                             Françoise Picq

novembre 2020


[1] L’APEF (Association pour la promotion des études féministes, région Paris-Île de France) en ce qui me concerne, mais aussi l’AFFRA (Association d’études féministes Rhône-Alpes), transmises par ses animatrices.

[2] L. Kandel, « Un tournant institutionnel : le Colloque de Toulouse », in F. Basch et al., Vingt-cinq ans d’études féministes : l’expérience Jussieu (ci-après 25 Jussieu), p. 82.

[3] Dès 1968, j’avais choisi des questions féministes pour mes différents travaux universitaires (maîtrise de sociologie, DEA de science politique, thèse en science politique).

[4] Sur cette initiative voir les articles de N. Ringart (pp. 46-50) et de C. Fauré dans la revue Sens Commun, n° 27, « Avec Simone de Beauvoir : les années MLF ». Parole !, n°1,printemps 78, éditions Tierce.

[5] Le CEDREF, créé par C. Zaidman, a comme axe principal le regroupement des enseignements à Paris 7 (plus de quarante enseignantes ou chercheuses de Jussieu), C. Zaidman, « Histoire du CEDREF », in 25 ans, Jussieu, pp. 129-145.

[6] CEDREF, Vingt-cinq ans d’études féministes : l’expérience Jussieu, Sous la responsabilité de F. Basch, L. Bruit, M. Dental, F. Picq, P. Schmitt-Pantel, C. Zaidman, Publications universitaires Denis Diderot, juin 2001.

[7] F. Picq, « Du mouvement des femmes aux études féministes », 25 Jussieu, pp. 23-32. Sur le groupe du jeudi voir aussi Libération des femmes, quarante ans de mouvement, pp. 242-246

[8] F. Basch, « Introduction », Crise de la Société, Féminisme et Changement, pp. 6-7.

[9] C. Dauphin, « Pénélope : une expérience militante dans le monde académique », in 25 Jussieu, p.63. Dès octobre 1973, le CEFUP a ouvert un enseignement au titre de la « formation continue », touchant 80 femmes à Aix et 120 à Marseille.

[10] Centre Lyonnais d’Études féministes, Les femmes et la question du travail, Presses Universitaires de Lyon, 1984.

[11] F. Basch, « Moulin d’Andé, France 1978-1980, Shaker Mill Farm, USA 1982 » in CEDREF, 25 ans Jussieu, Publications universitaires Denis-Diderot, juin 2001.

[12] Collectif, Stratégies des femmes, Éd. Tierce, 1984; J. Friedlander, B. Wiesen Cook, A. Kessler-Harris & C. Smith-Rosenberg (eds.), Women in Culture and Politics, A Century of Change, Indiana University Press, 1986.

[13] M. Perrot, « Les premières expériences », 25 ans Jussieu, pp.13-22.

[14] C. Dauphin, « Pénélope : une expérience militante dans le monde académique », 25 ans, Jussieu, pp. 61-68.

[15] Archives personnelles. Déposées à la Bibliothèque Marguerite Durand.

[16] « Certaines d’entre nous, persuadées d’expérience de l’inanité de nos efforts, avaient même, dès avant le début des Assises, rédigé un communiqué préventif – et vengeur – à l’usage de la presse […] leur surprise fut de … ne pas avoir à le distribuer », L. Kandel, article cité, p. 89.

[17] M. Kail, « Au hit-parade du changement : les études et recherches féministes », Nouvelles questions féministes, n° 3, avril 1983, pp. 79-98. Des propositions d’amendements au rapport final ont aussi été proposés.

[18] Le Ministère de la recherche avait tenu à associer le Ministère des Droits de la Femme à cette rencontre. Il lui avait transféré une enveloppe « Recherche » pour les recherches concernant les femmes. Mais nous exigions que les recherches féministes soient reconnues comme un champ de recherche à part entière, et refusions d’entrer dans le « ghetto » des recherches finalisées, dont les priorités seraient définies par d’autres (M. Kail, ibid., 1983).

[19] Colloque national, mais avec des invitées internationales.

[20] L. Kandel, « Un tournant institutionnel : le Colloque de Toulouse », op.cit., p. 96.

[21] Actes du Colloque « Femmes, féminisme et recherches (1984), Toulouse, décembre 1982, ed.AFFER. En particulier, M. Kail, « Historique du Colloque ».

[22] Quelques rares comptes rendus ont été publiés dans La Revue d’en face n° 14 (C. Soffer, « À propos du Colloque de Toulouse ; F. Picq, « Toulouse et après ») et dans le Bief, n°11-12, 1983.

[23] Sur la « politique des postes universitaires », on trouvera un premier bilan dans le Rapport sur le « Premier recensement national des enseignements et des recherches sur le genre en France », (dit RG1) rendu par l’ANEF en décembre 2003, aux ministères de la Recherche et de l’Éducation nationale (sur le site de l’ANEF).

[24] M. Godelier, in Actes du Colloque national Femmes, féminisme et recherche, p.8.

[25] H. Rouch, (1937-2009), biologiste, a animé le séminaire Limites-frontières, co-organisatrice du Colloque de Toulouse, puis membre du comité scientifique de l’ATP, où elle représentait le « hors-institution ». Hélène a été celle qui était toujours là quand on avait besoin d’elle. Elle a été la première présidente de l’APEF, avant l’ANEF. Elle a créé et dirigé avec Oristelle Bonnis et Dominique Fougeyrollas les collections « Recherches » soutenues par l’ANEF, aux Éditions côté femmes, puis aux Éditions l’Harmattan. (Dominique Fougeyrollas, « Rouch Hélène », Dictionnaire des féministes pp.1249-1252).

[26] H. Rouch, « Recherches sur les femmes et recherches féministes : l’action thématique programmée du CNRS », op. cit.

[27] « Introduction », ibid.

[28] N. Ringart, « Quand ce n’était qu’un début… Itinéraires de femmes à Paris », Crises de la société, féminisme et changement, pp. 157- 172.

[29] Pour la publication, cette intervention a été séparée en deux articles : « Stratégie de sexe ou destin de classe , pp. 173-186 et « Conclusion : Si c’était à refaire », pp. 257-265

[30] F. Picq, article cité, p. 28.

[31] F. Picq, Libération des femmes ; les Années-mouvement, Seuil 1993 (réédition augmentée Libération des femmes ; quarante ans de mouvement, Éd. Dialogues.fr, 2011).

[32] R.-M. Lagrave, « Recherches féministes ou recherches sur les femmes ? », Actes de la recherche, n° 83, 1990.

[33] Dossier « Odile Dhavernas », ProChoix n° 37, juillet 2006 ; « MLF, le mythe des origines », ProChoix, n° 46, décembre 2008.

[34] Collectif, mlf // textes premiers, Stock, 2019.

[35] Sous la direction de F. Picq et M. Storti, Le féminisme à l’épreuve des mutations géopolitiques, congrès international féministe, Paris décembre 2010, éditions iXe, « racine de iXe, 2012.

[36] Tous mes remerciements pour leur relecture et leurs bons conseils à Françoise Basch, Nicole Décuré, Michèle Ferrand, Annik Houel, Liliane Kandel